Taedium Vitae

Taedium Vitae

vendredi 1 juillet 2016

Philosophie du brouillard



«À ceux qui, inquiets, frustrés, oppressés, éructent contre le destin, les dieux, les démons, les princes, le triomphe de la masse et de la technique, je préfère ceux qui chuchotent, en passant, cette simple phrase : "Je ne sais plus où j'en suis."»

Roland Jaccard dans La tentation nihiliste

samedi 4 juin 2016

Vivre est une maladie




«David Sheehan a travaillé au comité éditorial du DSM-III dans les années 1970. Un soir, se souvient-il, quelques membres se sont retrouvés à un dîner dans un restaurant de Manhattan. Comme le vin coulait, raconte Sheehan, les membres du comité ont évoqué les recherches de Donald Klein sur l'imipramine et le fait que celle-ci jugulait les crises d'angoisse. Ce qui semblait constituer la preuve pharmacologique de l'existence d'un trouble panique bien distinct d'autres troubles voisins. Écoutons Sheehan :

''Le trouble panique est né à ce moment-là. Et comme le vin continuait à couler, les psychiatres autour de la table ont commencé à évoquer un de leur collègues qui ne souffrait pas d'attaque de panique mais était perpétuellement inquiet. Dans quelle catégorie le ranger? C'était un être généralement anxieux. - Eh, pourquoi pas 'trouble anxieux généralisé'? a alors lancé l'un d'eux. Et tous de fêter la naissance de cette nouvelle maladie en débouchant une autre bouteille. Et pendant les trois décennies suivantes, les chercheurs du monde entier ont collecté des informations sur le TAG."»

Scott Stossel dans Anxiété : Les tribulations d'un angoissé chronique en quête de paix intérieure

dimanche 17 janvier 2016

Comme cela est étrange



«Toute vue de choses qui n'est pas étrange est fausse. Si quelque chose est réelle, elle ne peut que perdre de sa réalité en devenant familière. Méditer en philosophe, c'est revenir du familier à l'étrange, et dans l'étrange affronter le réel.»

Paul Valery dans Tel quel

jeudi 17 décembre 2015

Vacuité 2.0



J'avais délaissé ce blogue, car je n'y trouvais pas vraiment sa raison d'être. Qui le lit? Qui se soucie de son auteur qui ne fait que retranscrire des pensées provenant du fruit des autres? Elles me représentent certes, mais personne ne sait qui je suis. D'autant plus que les citations sont toutes quelque part dans les livres ou sur la toile. Il suffit d'aller voir. Devrais-je en faire un blogue où je me livre moi, mes pensées et mon quotidien? Je n'ai pas tout à fait le sentiment d'être tout et l'évidence de n'être rien comme disait Valery. Du moins pas assez pour que je m'emploie à affirmer que je ne suis rien. Ce serait déjà trop se prendre pour tout. Je suis Québécois et les quelques lecteurs qui viennent ici sont français ou européens. Mis à part cela c'est le nouveau vide qui y règne, le vide 2.0, celui d'internet.
Un blogue qui n'est presque pas consulté où les plus grands esprits de l'Histoire y sont cités, n'est-ce pas triste?

mercredi 21 octobre 2015

Un mystère insondable

 
 
« Lorsque l'homme contemple la souffrance des autres, il cesse de réfléchir, il veut agir. L'homme ne se met à penser, à penser effectivement que lorsqu'il se convainc qu'il ''ne peut rien faire'', qu'il a les mains liées. C'est pour cela probablement que toute pensée profonde doit commencer par le désespoir. Et au contraire, l'optimisme, le besoin hâtif de sauter d'une conclusion à une autre, doivent être considérés, sans aucune hésitation, comme le signe certain d'un esprit satisfait de lui-même, médiocre, ne doutant de rien, c'est-à-dire superficiel (...)
Et puis : qui nous forcera à vivre comme il le faut, quand notre propre être a toujours été pour nous et sera toujours, parait-il, un mystère insondable?»
 
Chestov dans Sur les confins de la vie
 

mercredi 7 octobre 2015

Bukowski

 
 
«La différence entre l'art et la vie, c'est que l'art est plus supportable
 
Charles Bukowski dans Journal d'un vieux dégueulasse
 

mardi 29 septembre 2015

À la remorque de Hume

 
 
«La plus parfaite philosophie naturelle recule seulement un peu plus loin notre ignorance, et, peut-être, la plus parfaite philosophie morale ou métaphysique sert seulement à découvrir que notre ignorance s'étend à des domaines plus vaste. Ainsi toute la philosophie conduit à remarquer l'aveuglement et la faiblesse de l'homme, et cette remarque, nous la retrouverons à chaque détour en dépit de nos tentatives pour l'éluder ou l'éviter.»
 
David Hume dans Enquête sur l'entendement humain