Taedium Vitae
dimanche 12 mars 2017
La faillite du savoir
«La pensée voile autant, probablement bien plus, qu'elle ne révèle.»
George Steiner dans Dix raisons (possibles) à la tristesse de pensée
vendredi 1 juillet 2016
Philosophie du brouillard
«À ceux qui, inquiets, frustrés, oppressés, éructent contre le destin, les dieux, les démons, les princes, le triomphe de la masse et de la technique, je préfère ceux qui chuchotent, en passant, cette simple phrase : "Je ne sais plus où j'en suis."»
Roland Jaccard dans La tentation nihiliste
Roland Jaccard dans La tentation nihiliste
samedi 25 juin 2016
jeudi 9 juin 2016
samedi 4 juin 2016
Vivre est une maladie
«David Sheehan a travaillé au comité éditorial du DSM-III dans les années 1970. Un soir, se souvient-il, quelques membres se sont retrouvés à un dîner dans un restaurant de Manhattan. Comme le vin coulait, raconte Sheehan, les membres du comité ont évoqué les recherches de Donald Klein sur l'imipramine et le fait que celle-ci jugulait les crises d'angoisse. Ce qui semblait constituer la preuve pharmacologique de l'existence d'un trouble panique bien distinct d'autres troubles voisins. Écoutons Sheehan :
''Le trouble panique est né à ce moment-là. Et comme le vin continuait à couler, les psychiatres autour de la table ont commencé à évoquer un de leur collègues qui ne souffrait pas d'attaque de panique mais était perpétuellement inquiet. Dans quelle catégorie le ranger? C'était un être généralement anxieux. - Eh, pourquoi pas 'trouble anxieux généralisé'? a alors lancé l'un d'eux. Et tous de fêter la naissance de cette nouvelle maladie en débouchant une autre bouteille. Et pendant les trois décennies suivantes, les chercheurs du monde entier ont collecté des informations sur le TAG."»
Scott Stossel dans Anxiété : Les tribulations d'un angoissé chronique en quête de paix intérieure
mardi 31 mai 2016
dimanche 17 janvier 2016
Comme cela est étrange
«Toute vue de choses qui n'est pas étrange est fausse. Si quelque chose est réelle, elle ne peut que perdre de sa réalité en devenant familière. Méditer en philosophe, c'est revenir du familier à l'étrange, et dans l'étrange affronter le réel.»
Paul Valery dans Tel quel
jeudi 17 décembre 2015
Vacuité 2.0
J'avais délaissé ce blogue, car je n'y trouvais pas vraiment sa raison d'être. Qui le lit? Qui se soucie de son auteur qui ne fait que retranscrire des pensées provenant du fruit des autres? Elles me représentent certes, mais personne ne sait qui je suis. D'autant plus que les citations sont toutes quelque part dans les livres ou sur la toile. Il suffit d'aller voir. Devrais-je en faire un blogue où je me livre moi, mes pensées et mon quotidien? Je n'ai pas tout à fait le sentiment d'être tout et l'évidence de n'être rien comme disait Valery. Du moins pas assez pour que je m'emploie à affirmer que je ne suis rien. Ce serait déjà trop se prendre pour tout. Je suis Québécois et les quelques lecteurs qui viennent ici sont français ou européens. Mis à part cela c'est le nouveau vide qui y règne, le vide 2.0, celui d'internet.
Un blogue qui n'est presque pas consulté où les plus grands esprits de l'Histoire y sont cités, n'est-ce pas triste?
mercredi 21 octobre 2015
Un mystère insondable
« Lorsque l'homme contemple la souffrance des autres, il cesse de réfléchir, il veut agir. L'homme ne se met à penser, à penser effectivement que lorsqu'il se convainc qu'il ''ne peut rien faire'', qu'il a les mains liées. C'est pour cela probablement que toute pensée profonde doit commencer par le désespoir. Et au contraire, l'optimisme, le besoin hâtif de sauter d'une conclusion à une autre, doivent être considérés, sans aucune hésitation, comme le signe certain d'un esprit satisfait de lui-même, médiocre, ne doutant de rien, c'est-à-dire superficiel (...)
Et puis : qui nous forcera à vivre comme il le faut, quand notre propre être a toujours été pour nous et sera toujours, parait-il, un mystère insondable?»
Chestov dans Sur les confins de la vie
mercredi 7 octobre 2015
Bukowski
«La différence entre l'art et la vie, c'est que l'art est plus supportable.»
Charles Bukowski dans Journal d'un vieux dégueulasse
mardi 29 septembre 2015
À la remorque de Hume
«La plus parfaite philosophie naturelle recule seulement un peu plus loin notre ignorance, et, peut-être, la plus parfaite philosophie morale ou métaphysique sert seulement à découvrir que notre ignorance s'étend à des domaines plus vaste. Ainsi toute la philosophie conduit à remarquer l'aveuglement et la faiblesse de l'homme, et cette remarque, nous la retrouverons à chaque détour en dépit de nos tentatives pour l'éluder ou l'éviter.»
David Hume dans Enquête sur l'entendement humain
jeudi 24 septembre 2015
Le charme de Schiffter
«L'honnêteté du penseur ne consiste pas à édifier les hommes mais à les démoraliser tant leur vice le plus funeste est de croire en eux-mêmes.»
Frédéric Schiffter dans Le charme des penseurs tristes
lundi 21 septembre 2015
La complexité du réel
«Nous pouvons poser un principe d'exclusion : on ne peut ''voir'' les choses d'une certaines façon qu'en ne les voyant pas d'une autre façon (...) chaque fois que l'on rassemble tout ce qui peut, d'un certain point de vue, être rassemblé, à l'exclusion de ce qui, de ce même point de vue, ne peut l'être, on a ce que nous appelons - ce que j'appelle un ''monde''. (...) Or le principe d'exclusion tient à la structure du réel considéré dans la façon dont il est composé. L'idée d'un regard qui regarderait de tous les côtés à la fois (regard de Dieu) est donc absurde. C'est pourquoi la richesse, la profusion du réel est par principe non unifiable, un ''Dieu'' est toujours quelque chose de trop simple pour la complexité du réel.»
Marcel Conche dans Orientation philosophique
mardi 15 septembre 2015
Chaînes
«Les chaînes qui nous retiennent le mieux sont celles que nous avons brisées.»
Antonio Porchia dans Voix
mardi 8 septembre 2015
lundi 31 août 2015
Regards féminins
Cioran dans Le crépuscule des pensées
samedi 22 août 2015
L'être, cet inconnu
Dans un grand engouement, dans un simulacre de ferveur où l'horizon semble se dégager, il est toujours bon se rappeler ce mot de Montaigne, ne serait-ce que pour éviter la honte qui suit ipso facto :
«Étant hors de l'être, nous n'avons aucune communication avec ce qui est.»
Montaigne dans Essais, Livre I
mercredi 12 août 2015
Ré-flexion gênante
«Notre époque est celle où pour la première fois dans les temps historiques, c'est-à-dire depuis environ dix mille ans, l'homme est devenu complètement un véritable ''problème'' pour lui-même; où il ne sait plus ce qu'il est, mais en même temps sait qu'il ne le sait pas.»
Max Scheler dans L'homme et l'histoire
samedi 1 août 2015
vendredi 24 juillet 2015
Vous avez dit perspective?
«Le tempo de l'histoire de la vie s'est considérablement accéléré vers la fin. L'évolution procède come le Boléro de Maurice Ravel. Elle commence doucement et lentement avec les organismes unicellulaires, suivant une longue série de variations quasi imperceptibles sur un même thème qui ne cesse de nous hanter. Le tempo s'accélère au fur et à mesure que le temps passe, et l'explosion des formes du vivant à la période du cambrien est semblable à la variété des instruments qui font progressivement leur entré dans le morceau de Ravel. Mais l'unité de la vie est toujours présente, comme le thème sous-jacent du Boléro qui se fait constamment entendre. Jusqu'au crescendo et à l'apothéose, où tout les instruments jouent de concert dans un maelström de notes, comme le miracle de l'émergence de la pensée et de la conscience.
Cette accélération exponentielle de l'histoire, nous pouvons mieux l'appréhender en imaginant un calendrier cosmique où les 14 milliards d'années de l'univers seraient comprimées en une seule année. Dans ce calendrier, chaque jour correspondrait à 38,4 millions de nos années (une année est le temps mis par la terre pour effectuer un périple complet autour du Soleil), chaque heure à 1,6 million de nos années, chaque minute à 26 667 de nos années, et chaque seconde à 444 de nos années. Le Big Bang aurait lieu le 1er janvier et l'époque actuelle correspondrait au 31 décembre, minuit. La grande fresque cosmique se déroulerait ainsi :
La voie lacté naitrait le 21 février, mais le système solaire avec son cortège de planètes ferait seulement son apparition le 3 septembre, donc après que les trois quarts de l'année se seraient écoulés. Les premières cellules de vie sur Terre entreraient en scène le 23 septembre, les micro-organismes inventeraient le sexe le 26 octobre, les organismes pluricellulaires verraient le jour le 14 novembre, et l'atmosphère de la Terre s'enrichirait en oxygène le 28 novembre.
Le développement du vivant surviendrait surtout dans la seconde moitié du dernier mois de l'année : l'explosion cambrienne, avec la grande prolifération des espèces, se produirait le 16 décembre, les trilobites prospéreraient le 17 décembre, les premiers poissons et vertébrés naîtraient le 18 décembre. Les armées vertes des plantes envahiraient les terres le 20 décembre. Le 21 décembre, les premiers insectes feraient leur apparition et coloniseraient à leur tour les terres. Ils seraient rejoints par les amphibiens le 22 décembre et par les reptiles le 23 décembre. Les dinosaures amorceraient leur domination sur Terre le 24 décembre, à la veille de Noël. Les premiers mammifères pointeraient le bout de leur museau le 26 décembre, et le chant des premiers oiseaux égaierait la Terre le 27 décembre. La Terre deviendrait une planète fleurie, mais un astéroïde assassin viendrait frapper le 28 décembre, provoquant une catastrophe globale et la sortie de scène des dinosaures. Nos cousins les plus proches, les primates, feraient leur entrée le 29 décembre. Le développement du cerveau et le passage du singe à l'humain se produiraient pendant les deux derniers jours de l'année, les 30 et 31 décembre.
Quant à l'espèce humaine, tout son développement se déroulerait au soir du 31 décembre. les premiers humains se mettraient à marcher à 21 h 49 mn. Avec son sens développé du symbolisme et de l'abstraction, l'Homo sapiens commencerait à créer et à innover. Les inventions se multiplieraient et se télescoperaient pour améliorer le bien-être matériel des humains, mais aussi pour transmettre le savoir et la connaissance, magnifier et illuminer l'esprit. Maintes choses se lasseraient dans la dernière minute de l'année. L'homme fabriquerait des outils en pierre à 23 h 59 mn 26 s et inventerait l'agriculture à 23 h 59 mn 37 s. L'astronomie verrait le jour à 23 h 59 mn 50 s, suivie de près par l'alphabet à 23 h 59 53 s et par la métallurgie du fer à 23 h 59 58 s. De grands hommes feraient leur apparition pour guider leurs semblables dans la vie spirituelle : Bouddha à 23 h 59 mn 55 s, le Christ à 23 h 59 56 s et Mahomet à 23 h 59 mn 57 s. La renaissance et l'avènement de la science expérimentale surviendraient dans la dernière seconde de l'année, à 23 h 59 59 s.»
Trinh Xuan Thuan dans Origines : La nostalgie des commencements
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